Créer une entreprise à la sortie de l’école

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C’est le rêve de beaucoup d’étudiants : créer sa propre entreprise avec ses valeurs. Malheureusement, les jeunes qui montent leur projet à la sortie restent encore rares. Mais pourquoi ce chiffre reste si faible ? Où sont les embûches lors de la création d’une structure ? Voici quelques constats avec nos conseils suite aux expériences des fondateurs de La Ruche à Vélos

Trouver une idée

C’est peut-être l’étape la plus simple pour les étudiants. Jamais influencés par le monde de l’entreprise, ils sont très créatifs et proposent des concepts hyper intéressants avec une approche peu conventionnelle qui permet l’innovation et la rupture. Je pense que pour créer une entreprise, notre force se trouve dans notre inconscience, avec une visibilité souvent réduite de l’écosystème et des parties prenantes. Nous ne voyons pas la montagne qui nous fait face, et qui aurait sans doute découragé quelqu’un d’expérimenté. 

La création d’entreprise de La Ruche à Vélos n’aurait peut-être pas vu le jour si l’équipe avait tout de suite identifié les barrières à l’entrée : financement, vente sur les marchés publics, produit complexe techniquement, intégration urbaine, etc. En réalité, ces barrières se sont présentées progressivement à l’équipe, ce qui nous a permis de les franchir sans se décourager.

Cette première étape du choix de l’idée à creuser est primordiale lors de la création d’entreprise. Elle sera toujours remise en question et challengée tout au long du processus. Bien souvent, les étudiants ne veulent pas parler de leur idée par peur de se la faire voler et de la voir apparaître sur le marché quelques mois plus tard. L’idée n’est que le début d’un long chemin et il faudrait un forte motivation pour se lancer dans la création d’une structure suite à une simple discussion. Le risque de vol d’idée est donc faible. A ce stade, il faut parler de ses idées au maximum autour de soi, avec ses proches et des professionnels du secteur concerné. Les retours sont très précieux pour identifier une opportunité, et lorsque l’idée est validée, ils permettent de travailler sur les points faibles du projet pour le consolider. 

Une fois que vous aurez une idée qui semble être une opportunité et qu’elle a suscité de l’intérêt, il faut structurer votre démarche pour pouvoir débuter ce projet en parallèle de vos études.


Se faire accompagner pour créer son entreprise

L’accompagnement est une priorité si vous voulez réussir à créer votre entreprise. Ce dernier va débuter par une prise de contact avec votre établissement scolaire, via la direction ou le département entrepreneuriat. 

Deux cas de figures sont possibles : soit votre école est expérimentée sur le sujet, parfois même dotée d’un incubateur de start-up, et pourra donc facilement vous accompagner, vous challenger, vous orienter dans l’écosystème et vous apporter son expertise (technique, business, marketing, etc.). Dans le cas échéant, il faudra travailler en collaboration avec eux pour vous permettre d’avancer. Il faut que l’école adhère à votre ambition, soit convaincue par votre projet et vous aide à intégrer un programme d’accompagnement extérieur.

Il existe quelques programmes d’accompagnement étudiant pour créer son entreprise. Le plus connu est PÉPITE, avec ses 33 Pôles Étudiants Pour l’Innovation, le Transfert et l’Entrepreneuriat et le Statut National Étudiant-Entrepreneur. Je vous conseille donc de rencontrer les représentants locaux de PÉPITE, qui sauront avoir de bons conseils pour vous guider vers un accompagnement adapté à votre stade de maturité, et qui sera dispensé par leurs soins. Il existe en l’occurrence deux programmes : le programme “émergence” peut être suivi en parallèle des cours avec des sessions moins régulières et souvent le soir.

Pour les porteurs de projets qui arrivent avec une envie de consacrer quelques mois à temps plein pour tester leur projet, le programme “starter” est proposé pour suivre et accélérer les projets pendant 6 mois à temps plein. Le Statut National Étudiant-Entrepreneur permet de remplacer son stage de fin d’études par le programme “starter”, suite à un comité de sélection de projets. 

Après avoir fait mûrir quelques mois le projet à l’Icam, notre école d’ingénieur de Nantes, nous avons décidé avec Maël et Guillaume de tester le projet en s’y consacrant à temps plein pendant nos 6 derniers mois d’études. L’Icam nous a toujours soutenu et a permis à Guillaume et Maël d’étudier techniquement le parking vélo automatisé pendant ces 6 mois, en mettant à disposition les ressources nécessaires. En parallèle, Antoine a pris part au programme PEPITE starter pour travailler sur le marché et la faisabilité économique du projet. 

Cet accompagnement permet à l’étudiant-entrepreneur de construire un projet et d’avoir une base solide pour prendre la décision de continuer ou de s’arrêter là. C’est un excellent test pour valider le concept, sa volonté de travailler sur le projet et d’y consacrer de l’énergie. Si l’étudiant veut continuer à travailler sur le projet, ses accompagnateurs le mettent alors en relation avec les incubateurs/accélérateurs de l’écosystème. Le PEPITE Pays de la Loire nous a mis en relation avec l’IMT Atlantique pour pouvoir être accompagnés et avoir des bureaux, tout en participant au programme d’accélération Eco Innovation Factory d’Atlanpole, dès la sortie de l’école.

👉 Si vous voulez en savoir plus sur ce qu’est un incubateur, ses atouts et ses inconvénients, on vous décrypte tout dans cet article. 


Créer une équipe pour créer son entreprise

Dès lors que l’idée est fiable et que le projet commence à être accompagné, il faut constituer une équipe pluridisciplinaire pour permettre de faciliter son développement. On a un peu de mal à y croire lorsque l’on est étudiant, on est persuadé que toute la crédibilité d’un projet repose sur l’idée et son potentiel. Mais la totalité des financeurs regarde en priorité l’équipe qui porte le projet. Il existe alors deux cas de figure :

  • soit le projet est porté dès le départ à plusieurs
  • soit le porteur de projet est seul.

Dans tous les cas, il faut bien identifier quelles sont les compétences clés de l’entreprise future pour pouvoir trouver des associés ou collaborateurs qui ont ces compétences, ou se spécialiser en interne. Il faut être conscient que la construction de l’équipe, avec ses premiers membres et les associés, est la chose à laquelle il faut faire le plus attention ! Il faut s’assurer d’avoir les mêmes valeurs, les mêmes ambitions, la même vision, etc. Pour cela, vous pouvez faire l’exercice du Gentlemen Agreement

Pour La Ruche, nous étions 3 étudiants ingénieurs avec les mêmes compétences lorsque nous avons commencé à travailler sur le projet. Après quelques mois de développement, on a pu identifier les 3 compétences dont nous avions besoin pour déployer notre plan d’action :

  • un responsable technique mécanique/automatique pour développer notre hardware
  • un responsable du développement web pour le software
  • un commercial pour préparer la commercialisation et vendre les premiers produits

Les 3 compétences ont été simples à se partager car nous avions tous des affinités différentes et donc nous avons choisi naturellement nos postes. En plus, nous sommes spécialisés sur nos domaines d’action. 

Je pense que l’association est quelque chose de très important, pour pouvoir être remis en question, challengé, soutenu dans les moments difficiles et partager les bons moments ! Il me semble important, si vous êtes seul, de trouver un ou plusieurs associés pour consolider votre projet. Auquel cas, il faudra être d’autant plus accompagnés par les réseaux de l’écosystème entrepreneurial local. 


Financer son projet

La dernière étape, lorsque l’on est sûr de vouloir créer son entreprise avec un projet qui est solide et structuré, est certainement la plus complexe en étant étudiant : le financement. En effet, beaucoup d’entreprises sont créées grâce aux indemnités de chômage. Elles laissent bien souvent aux créateurs deux années pour consolider une entreprise et qu’elle devienne profitable pour se verser un salaire. 

Pour les étudiants, le challenge est plus complexe car dans la plupart des cas, nous n’avons que très peu d’argent pour vivre et aucune chance d’avoir le chômage à la sortie de l’école (hors contrat d’alternance). Les fonds propres, les apports financiers des associés, sont des leviers qui vont être incontournables dans la création de l’activité. Ils vont dimensionner les subventions et les prêts que vous allez pouvoir contracter. Il y a des activités qui demandent plus ou moins d’argent au départ. Mais dans tous les cas, il faut travailler son plan de financement et le structurer au plus tôt, pour assurer le lancement commercial et la pérennité de la société. 

Avant de travailler sur une levée de fonds ou des prêts bancaires, certains dispositifs financiers sont mis à disposition des entrepreneurs, pour valider la viabilité de leur projet avant de se lancer. L’exemple régional des Pays de la Loire, en collaboration avec la BPI, propose une aide sous forme de subvention aux porteurs qui n’ont pas encore créé de structure, le PL2I personne physique. Cette subvention peut financer une étude de faisabilité économique ou de faisabilité technique du projet et prend en charge 70% de la prestation ! 

En revanche, il faut être conscient qu’il y aura un apport et un risque financier, à la hauteur des moyens du porteur, dans la création de la structure. Que ce soit pour compléter ces subventions ou faire les premières dépenses stratégiques. Cela crédibilise souvent le projet face aux financeurs qui estiment que si les créateurs qui n’ont pas beaucoup de moyens prennent un risque financier, c’est qu’ils croient en leur projet et qu’ils seront motivés et responsabilisés. 

Lorsque toutes les étoiles sont alignées : une idée avec un potentiel, une équipe compétente, une faisabilité technique et économique, vous pouvez enfin créer votre structure et vous lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat !

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